Rétention

Ce que vaut un client,
après la première commande

Une première commande rapporte rarement quelque chose : le coût d’acquisition l’absorbe. La marge arrive ensuite, si elle arrive. Ce rayon rassemble les méthodes pour mesurer le réachat, lire ses cohortes et repérer les clients qui s’éloignent avant qu’ils ne cessent d’acheter.

Rétention : ce qui se passe après la première commande

Quatre lectures pour savoir combien de clients reviennent, au bout de combien de temps, et ce que vaut réellement une base client.

La rentabilité d’une boutique se joue rarement sur la première commande. Le coût d’acquisition en absorbe la marge, parfois la totalité. Ce qui reste dépend de ce qui vient après : une deuxième commande, une troisième, ou rien. La plupart des tableaux de bord s’arrêtent pourtant à la vente, là où la question commence.

La première commande paie l’acquisition, la deuxième paie la marge

Une commande de réachat ne porte pas de coût d’acquisition. À panier et à marge égaux, elle laisse donc davantage que la première. C’est le seul endroit du compte où de la marge apparaît sans dépense supplémentaire en face.

Cette différence change la façon de lire un canal. Un canal qui recrute cher mais dont les clients reviennent peut être plus rentable qu’un canal moins coûteux dont les clients n’achètent qu’une fois. La comparaison ne se fait pas sur le coût d’acquisition seul, mais sur la marge cumulée par client sur une durée fixée (six mois, douze mois), appliquée à tous les canaux de la même façon.

Taux de rétention, taux de réachat, délai entre deux commandes

Le taux de réachat mesure la part de clients ayant passé au moins une deuxième commande. Le taux de rétention mesure la part d’une base client encore active à la fin d’une période. Le premier répond à « combien reviennent », le second à « combien restent ». Les confondre donne des évolutions ininterprétables d’un mois sur l’autre.

Un troisième chiffre manque presque toujours : le délai médian entre deux commandes. C’est lui qui définit ce qu’« actif » veut dire pour une boutique donnée. Sur un produit consommable racheté tous les deux mois, un client sans commande depuis six mois est parti. Sur de l’équipement, il est simplement dans son cycle normal. Sans ce délai, toute relance part au mauvais moment et tout taux de rétention est arbitraire.

Les cohortes disent ce que les moyennes cachent

Un taux de rétention global mélange des clients recrutés à des moments différents, par des canaux différents, souvent lors d’opérations promotionnelles différentes. Il monte quand on recrute beaucoup et descend quand on recrute peu, sans que le comportement des clients ait changé.

Une lecture par cohortes regroupe les clients selon leur mois de première commande et suit chaque groupe séparément dans le temps. Elle répond à des questions que la moyenne ne peut pas traiter : les clients acquis pendant les soldes reviennent-ils autant que les autres, le premier produit acheté prédit-il le réachat, une opération de recrutement a-t-elle amélioré la valeur des clients ou seulement leur nombre.

Segmenter une base pour savoir où agir

Une base client n’est pas homogène et ne se traite pas d’un bloc. La segmentation RFM classe les clients sur trois critères disponibles dans n’importe quel export de commandes : date de la dernière commande, nombre de commandes, montant cumulé. Elle sépare en quelques minutes les clients réguliers, les gros paniers occasionnels et ceux qui s’éloignent.

C’est ce classement, et non le fichier client complet, qui rend un CRM utile. Les articles de ce rayon partent de cette base : d’abord savoir qui sont les clients et à quel rythme ils achètent, ensuite décider quoi leur envoyer.

Questions fréquentes

Comment calculer son taux de rétention client ?

En divisant le nombre de clients encore actifs à la fin d’une période par le nombre de clients présents au début, hors nouveaux clients acquis pendant la période. Le résultat dépend entièrement de la définition d’« actif », qui doit être calée sur le délai habituel entre deux commandes de la boutique.

Quelle différence entre taux de rétention et taux de réachat ?

Le taux de réachat est la part de clients ayant passé au moins deux commandes, tous clients confondus depuis le début. Le taux de rétention se mesure sur une période et une base données. Le premier caractérise le produit et l’offre, le second caractérise l’évolution d’une base client dans le temps.

Comment calculer la valeur vie client ?

En multipliant la marge moyenne par commande, la fréquence d’achat annuelle et la durée de vie moyenne d’un client. Calculée sur le chiffre d’affaires plutôt que sur la marge, elle surestime systématiquement ce qu’un client rapporte. Comparée au coût d’acquisition du canal qui l’a recruté, elle dit si ce canal finance la boutique ou l’inverse.

À partir de quand un client est-il considéré comme perdu ?

Quand son délai sans commande dépasse nettement le délai médian entre deux commandes constaté sur la boutique. Ce seuil se calcule, il ne se choisit pas : appliquer un standard de trois ou six mois à un produit dont le cycle d’achat est annuel revient à relancer des clients qui n’ont rien demandé.

Quelles données clients exploiter en priorité ?

Les trois que contient déjà tout historique de commandes : date de dernier achat, nombre de commandes, montant cumulé. Elles suffisent à construire une segmentation exploitable avant tout enrichissement. Les données déclaratives et comportementales viennent après, et ne compensent jamais un historique de commandes mal rattaché aux clients.

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